Partager l'article ! Les possibles origines du Pin en Mauges...: Dans RECHERCHES HISTORIQUES SUR L'ANJOU- 1847 En parcourant un ouvrage sur l'Anjou "RECHERCHES HISTORIQ ...
Origine des habitants des Mauges —Le Pin-en-Mauges. — Chêne druidique. — La ville de Beaupreau. — Le cardinal de Retz. — Guerre de la Fronde. — Sièges d'Angers et des Ponts-de-Cé. - La noblesse et les paysans des Mauges prennent les armes.
Trois cantons contigus, dont les noms se terminent en auge, Herbauge, Tiffauges et Mauge, formaient, avec celui de Retz, la partie la plus septentrionale du pays des Pictones ou du Poitou gaulois. Le territoire d'Herbauge est aujourd'hui la partie la plus orientale du département de la Loire-inférieure, sur la rive gauche de la Loire : on croit que ce pays tirait son nom d'Herbedila ou Herbadilla, ville considérable suivant diverses légendes, et qui fut abîmée vers la lin du sixième siècle, en punition de ses mœurs infâmes et de son idolâtrie. Cette ville était située, suivant la tradition, où l'on voit actuellement le lac de Grandlieu .
Theofalgicus, est situé entre celui d'Herbauge et de Mauge; ces trois cantons avaient pour limites, au nord, la Loire; celles qui les séparaient entr'eux et des autres pays environnants sont incertaines. Voici quelle fut l'origine du bourg et du canton de Tiffauge : « On sait, dit l'abbé Belley, que les empereurs prirent souvent a leur solde des troupes étrangères et barbares, qui furent cantonnées dans la Gaule, comme dans les autres provinces. Nous voyons, dans la notice de l'empire, qu'un corps de Sarmates et de Théïfales étaient en garnison a Poitiers au commencement du cinquième siècle. Les Théïfales étaient, au rapport de Zozime, une nation scyte, connue dans l'histoire depuis l'an 245; ceux qui avaient leurs quartiers dans le Poitou s'y établirent, et nous voyons, dans Grégoire de Tours, qu'ils sub sistaient encore a la fin du sixième siècle, sans être confondus avec les anciens habitants du pays. Le lieu qu'ils habitaient fut nommé Theiphalia : c'est aujourd'hui Tiffauge. Il donna le nom a un canton étendu, Pagus Theofalgicus '»
Dans le dixième siècle, Alain Barbe-Torte, comte de Nantes, qui possédait les trois pays de Mauge, Tiffauge et Herbauge, en traça les limites avec Guillaume d'Etoupes, comte de Poitiers. Dans ce traité, le pays de Mauge est borné à l'orient par le Layon qui se .jette dans la Loire a Chalonnes, et par l'Yrôme qui tombe dans le Layon a Saint-Lambert; la Loire formait la limite au nord : voila tout ce que l'on peut établir avec certitude a cette époque. Depuis, ils ont été partagés entre trois provinces; le premier est demeuré à l'Anjou, le second au Poitou, et le troisième à la Bretagne, division maintenue jusqu'a ce jour entre les départements de Maine et Loire, des Deux-Sèvres et de la Loire-Inférieure. Ces détails géographiques pourront un jour servir a rectifier la carte de la Gaule, sur laquelle on fixe au nord les limites des Pictones par celles de la province du Poitou, au lieu de les reculer jusqu'a la Loire, comme Strabon et Ptolémée l'ont fait et comme elles étaient encore au neuvième siècle.
Les territoires d'Herbauge et de Tiffauge avaient pour chef-lieu, le premier une ville, le second un bourg, qui portaient les mêmes noms que ces cantons; quant a celui de Mauge, qu'on a depuis nommé les Mauges, il est connu actuellement sous le nom de Beaupreau, Helium Pratum. On ignore si cette ville se nommait autrement dans l'origine; on ne connaît qu'un bourg dans les Mauges qui en porte le surnom, le Pin-en -Mauges, situé entre Beaupreau et Chalonnes.
Le nom de Théïfales, la tradition sur les mœurs des habitants d'Herbauge, les figures du Phallus sculptées sur les chapiteaux de l'ancien temple de Chalonnes, tout fait présumer que ces peuples adoraient cette divinité comme plusieurs autres peuples de l'antiquité . Ce qu'il y a de certain, c'est que l'idolâtrie et une partie des superstitions des Druides se sont très longtemps conservées dans les Mauges; on y trouve encore des vestiges du culte des arbres et des fontaines, et il est probable que le bourg du Pin-en-Mauges doit son origine à un pin sacré. Sulpice-Sévère nous apprend que le prêtre d'un temple que saint Martin avait fait démolir a la faveur de la nuit s'opposa hautement, avec tous les paysans du voisinage, a ce qu'il abattît un pin qui était auprès, parce que cet arbre remplaçait, a leur égard, la perte du temple et de la divinité que le saint avait renversée. Saint Maurille, disciple de saint Martin, a l'exemple de son maître, aura détruit le pin sacré de Mauge ; le lieu en aura conservé le nom, et on l'aura sanctifié en y bâtissant une église. On voit encore dans la commune de la Pommeraye, entre Beaupreau et Chalonnes, un chêne nommé Rognon, dont la grosseur et l'état de vétusté peuvent faire évaluer l'âge a deux mille ans. Suivant la tradition, il était anciennement consacré au culte. Les conciles de Tours et de Nantes, des huitième et neuvième siècles, nous apprennent que le culte des arbres existait encore a ces époques ; on leur faisait quantité de vœux et d'offrandes ; on n'osait les couper, ni s'en servir pour le feu ou pour tout autre usage, lorsqu'ils venaient à tomber de vieillesse ou par accident. Les plus anciennes rentes en grains assises sur les terres de la Pommeraye étaient payables sous l'ombrage du chêne Rognon, comme ailleurs on assignait un château ou un autre lieu pour les recevoir. Ce chêne a trente pieds de circonférence...
ORIGINE DU SAINT PATRON DE L’EGLISE DU PIN
D'après "L’intégration des Mauges à l’Anjou au XIème siècle" par Teddy VERON
Mr Teddy VERON évoque une possibilité qui corrige les versions habituelles quant à
la fondation de la paroisse du Pin :
A voir page 112 dans les notes de bas de page il écrit (extraits) :
"Quant au titre de fondateur de l’église, rien n’est moins sûr. C. Port croit apercevoir l’église du Pin au XIIè siècle, sous le vocable de Notre Dame,
« ecclesiam Sancte Marie de Pinu », dans les bulles pontificales accordées à Saint Florent (Arch. Dép. de M.-et-L. H 1837, n° 6 à n° 12), mais il avoue lui-même ne pas pouvoir dater la
dédicace à St Pavin qui est celle d’aujourd’hui.
Ce qui permet à Mr Teddy Verron d'avancer que "...nous pensons, de notre côté, que l’église Sainte-Marie qui appartenait à Saint Florent, n’était pas celle du Pin en Mauges, mais celle du Pin (Deux-Sèvres – 79 cant. Cerizay, ar. Bressuire) pour trois raisons. Tout d’abord, cette dernière appartenait à l’abbaye (Arch. Dép. de M.-et-L., H 3579) ensuite, son vocable est encore Notre Dame, enfin elle est située près de St Clémentin, église qui la précède dans la liste des possessions de St Florent énumérées par les papes. Rien n’empêche alors que l’église du Pin en Mauges ne fût, dès sa fondation, dédiée à Saint Pavin, ancien abbé de Saint-Vincent du Mans, culte qui aurait plutôt été implanté dans les Mauges par les vicomtes de Montrevault"
DANS LES SECRETS DES NOMS DES COMMUNES ET LIEUX-DITS DU MAINE ET LOIRE de Pierre Louis Augereau – Ed. Cheminements – 2004-2005
P. 127 et suivantes, à voir l'article sur LE PIN EN MAUGES :
Mr P.L. Augereau évoque l'origine éthymologique de la commune :
"...le mot pin vient du latin pinus et a donné son nom à la commune qui s’appelait Pinus en 1614. Peut-être s’agissait-il d’un arbre remarquable, aujourd’hui disparu, qui servait de repère dans la campagne..."
Il fait référence à un article de l'auteur Gellusseau dans son livre "Histoire de Cholet" qui en parle également en faisant référence à "un arbre sacré"
: "
« dans la solitude et l’isolement, les populations s’étaient massées peu à peu, de distance en distance, autour d’un vieux pin adoré des ancêtres, que
généralement on ne vénérait plus pour lui-même mais pour l’image du Christ ou de la Vierge qu’on y avait attachée, ainsi que nous l’avons déjà dit. Au pied de cet arbre, sous ses rameaux
protecteurs, la foi nouvelle avait élevé un autel chrétien, et à l’heure où les ministres de Dieu élevaient leurs mains suppliantes vers le ciel, les habitants du lieu y venaient prier et écouter
les leçons de l’humble prêtre chargé de les évangéliser. Des maisons s’étaient élevées autour de ce pin, c’était le Pin-en-Mauges : la
coutume a conservé à ce village son appellation d’origine... ».
Mr Augereau fait également référence aux travaux du Chanoine Corrillion que cite Olivier Gabory et Ambroise Bécot : « il s’agissait sans doute du pin maritime (pinus pinaster Aiton) en raison de la proximité de Nantes et des relations constantes entre cette ville et le port de Bordeaux exportateur du « Pin des Landes de Bordeaux » ou « Pin de Bordeaux » selon un appellation localement répandue."
Enfin l'auteur affirme à la fin de son article sur le Pin pour parler de ses habitants : "On les appelle le plus souvent les Pinois."